L'accordéon dit "diatonique"

 


A l'envie de danser et de chanter, c'est-à-dire de suivre le rythme et la mélodie, répondent les fêtes données sur une place de village, dans une grange ou dans un local transformé pour la circonstance en salle de danse.

Pour accompagner ces festivités, on a besoin d'un instrument rustique, à la fois portatif, peu fragile, facile à accorder, assez puissant et d'un apprentissage relativement simple. L'accordéon folklorique est né du besoin de disposer d'un instrument capable de se plier à ces exigences pratiques ou matérielles.

Jusqu'au siècle dernier, trois instruments se partageaient les faveurs des organisateurs de fêtes champêtres: le violon, la musette et la vielle, quand ils n'étaient pas réunis. On retrouve ces instruments dans tous les pays d'Europe, décrits dans les textes sous des noms divers ou représentés sur des tableaux anciens.

De nos jours, de nombreux groupements, conscients de la menace de disparition des traditions populaires, font revivre ces traditions folkloriques. Ainsi pouvons-nous revoir des costumes, toutes sortes de coutumes et d'instruments avec, parmi eux, ce qui peut surprendre, l'accordéon. Mais cette place de l'accordéon a été conquise peu à peu. Ce n'est que petit à petit qu'il s'est associé au violon, à la vielle, à la musette. Et puis, quand instruments rustiques, coutumes et costumes disparurent des campagnes, l'accordéon resta seul à maintenir les anciennes danses et chansons. Cette solitude lui a permis de mettre en relief ses qualités propres et de démontrer qu'il pouvait jouer le rôle d'un petit orchestre, se suffire à lui-même. Tant et si bien que, de nos jours, on ne peut imaginer sans lui la moindre fête populaire.

Pour bien saisir cette intégration, il faut remonter dans le temps de quelques décennies. Si, au début de son existence, on apprécia avant tout l'accordéon pour son pouvoir expressif, une fois le premier engouement passé, on observa donc qu'il réunissait toutes les qualités recherchées pour en faire l'instrument de plein air par excellence: il est relativement léger, son volume est réduit et son principe sonore puissant et théoriquement indéréglable. Enfin, il est d'une pratique agréable. De plus, on a remarqué, sur les modèles français, les "bascules d'harmonies" qui soutiennent, quand on le veut, la mélodie. Que l'on dissocie ces "bascules d'harmonies" et qu'on les modifie de telle sorte qu'elles puissent non plus seulement "soutenir", mais " accompagner" la mélodie, l'accordéon devient l'instrument original réunissant mélodie, harmonie et rythme.

Ce fut certainement la pensée de C. Demian en 1831, à Vienne, quand il demanda une prolongation de trois années pour son brevet du 6 mai 1819. Très tôt, Demian a dû se rendre compte des possibilités limitées de son accordion, capable de ne donner que des "harmonies". D'un autre côté, le succès de son instrument à Paris, à la suite des modifications apportées par les fabricants français, l'incita à créer d'autres modèles en tenant compte de l'expérience acquise. Il orienta à son tour ses recherches vers un clavier " mélodique" pouvant être accompagné par des accords indépendants; on en trouve les premiers schémas dans la méthode d'AdolfMüller, éditée chez Diabelli à Vienne, en 1834.

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