Les dessins extraits de cette méthode permettent de comprendre comment les " bascules d'harmonies" des accordéons romantiques français sont venues se greffer sur ce qui était le "fond" ou le "socle" de l'accordion viennois. Ce qui fait la nouveauté de l'accordéon viennois, c'est que dès lors il permet de placer une "basse" ou un "accord" sur chaque temps de la mesure. Là est toute la différence et la cause de l'immense succès qu'il connaîtra.

La méthode précise que chaque modèle est dans une tonalité différente: I-do; II-sol; III-ré; IV-mi; V-ré; VI-mib. On n'imagine guère le musicien passer d'un instrument à l'autre au fur et à mesure des changements de tonalités. En réalité, la raison de cette diversité de modèles est due à la nécessité d'adapter ceux-ci à la tonalité de certains instruments, en particulier la cornemuse.

Demian ne voulait pas abandonner l'idée d'avoir des accords indépendants pour soutenir une mélodie, mais il se heurtait à des difficultés de réalisation. Si le clavier "mélodique" possédait des demi-tons, offrant la possibilité de "moduler" dans les tons voisins, le clavier "accompagnement" ne pouvait pas suivre avec ses sons entendus simultanément, à quoi s'ajoutait la contrainte du "tirez-poussez". Une seule solution s'offrait à lui: avoir autant de boutons que de toniques ou d'accords désirés. 

La musique populaire, dont la carrure est régulière et les modulations assez proche des tons voisins, pouvait, à la rigueur, se contenter d'un modèle de quelques " clapets" ou " clés" pour varier la tonalité. Pourtant, bien des fabricants s'aventurèrent dans des recherches compliquées, comme Neveux, avec son accordéon "transpositeur" présenté à l'Exposition de 1867, à Paris, sans pour autant parvenir à aplanir les obstacles.

Le dessin ci-contre donne une idée du clavier d'accompagnement des premiers instruments.

Constitué de 2 a 4 "accords" et de 10 à 17 touches "mélodiques", l'accordéon viennois va passer les frontières et gagner de nombreuses fabriques dans le monde.

 

Chaque pays, après avoir adopté le modèle de Demian, va le modifier, le transformer selon ses besoins. On le constate avec le recul du temps. Chacun s'est façonné un type d'instrument très caractéristique, qui est parvenu jusqu'à nous sous un nom bien à lui, mais tous avaient un problème commun: associer le clavier "accompagnement" au clavier "mélodique".

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