L'anche libre

 

L'anche libre est une languette de roseau ou de métal, fixée par l'une de ses extrémités, dont la partie libre peut se mouvoir d'un côté ou de l'autre de son axe de repos. Elle est soit découpée dans une plaque, sur trois côtés, soit fixée sur un support à l'aide d'un moyen mécanique. Une "lumière" (ouverture), pratiquée dans la plaque-support ou châssis, épousant la forme de la languette, permet à cette dernière d'effectuer des battements aller et retour - sous la pression d'un courant d'air. Au départ, la pression de l'air oblige la partie flexible de la languette à se déporter en dehors de son axe, pour revenir, par sa seule élasticité, coupant et rétablissant le courant d'air. Elle amorce ainsi une série d'oscillations génératrices du son. Comme ces vibrations sont "isochromes", c'est-à-dire qu'elles s'accomplissent toujours en nombre égal, quel que soit l'écartement pris par la lamelle sous la pression de l'air, on peut agir sur cette pression pour modifier son intensité sonore sans altérer sa hauteur. Il est donc possible de passer du pianissimo le plus doux au forte le plus intense, de modeler le son, d'apporter l'exression à l'exécution musicale.

Si l'on force le vent, c'est-à-dire la pression de l'air, sur une anche battante, le son monte. Cela ne présente pas d'inconvénient pour l'orgue, puisqu'il envoie dans les anches un souffle régulier. Corgue est un instrument qui donne des sons statiques, et la musique écrite pour lui s'en accommode. Mais lorsque l'on veut imiter les possibilités de la voix humaine, il devient indispensable de pouvoir varier l'intensité. Divers instruments y parviennent, tel le violon, etc. Grâce au principe de l'anche libre, l'accordéon y excelle. Si l'on force la pression du vent sur une anche libre, le niveau sonore de celle-ci n'est pas modifié. Ç'est là un atout très important pour l'accordéon.

 Qualités musicales des sons d'anches libres produits par l'accordéon

M. E. Leipp, professeur d'acoustique au Conservatoire de Paris, a bien voulu nous autoriser à reproduire ci-dessous un large extrait de l'exposé qu'il a présenté en 1972 devant le Groupe d'Acoustique Musicale (G.A.M.) de l'Université Paris VI.

"Les musiciens attribuent aux sons musicaux trois qualités, l'inlensilé, la hauteur et le timbre, qui correspondent aux caractéristiques physiques de la vibration acoustique: le niveau, la fréquence et le spectre.

"Etudions les variables de ces trois qualités musicales dans l'instrument qui nous occupe, l'accordeon.

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