Vitruve, au premier siècle avant av. J.-C., distinguait les jeux d'anche et les jeux de bouche dans la description qu'il faisait de l'instrument. On ne saura sans doute jamais de quel type d'anche il s'agissait. Les orgues construits dès le moyen Age en Occident comptaient des tuyaux à bouche et des tuyaux à anche, comme aujourd'hui. A noter que le corps du tuyau à anche, nommé pavillon, n'a aucune influence sur la hauteur de la note et n'est qu'un corps de résonance intervenant sur le timbre. Dans la régale, le pavillon était raccourci ou même totalementsupprimé.

Michaël Praetorius, compositeur, organiste et théoricien allemand, écrit dans son Organographia, deuxieme des trois volumes de son traité intitulé "Syntagma Musicum", publié de 1614· à 1620: "L'anche à présent n'est plus taillée directement à partir du tuyau, mais autonome; elle est fixée sur une entaille à travers laquelle elle peut vibrer." Aurait-on néanmoins équipé, bien avant, des orgues non seulement avec des anches battantes, mais peut-être avec des anches libres en roseau?

Quoi qu'il en soit, l'orgue portatif, et plus encore la régale, c'est-à-dire "l'orgue du riche", avec son système d'anche métallique, à la fin du Moyen Age et à la Renaissance, n'est pas si loin que cela de "l'orgue du pauvre" que sera au XIXe siècle I'accordéon. On en connaît une infinité de formes, de l'instrument muni de pieds à la "bible régale", inventée par un organier de Nuremberg, en passant par l'appareil fixé au corps de l'exécutant à l'aide de sangles, laissant la main gauche libre d'actionner un soufffet

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