pendant que la main droite touche le clavier. On peut sans doute comparer le rôle joué par la régale, à l'époque, à celui de l'harmonium au XIXe et au début du XXe siècle. Néanmoins, ses sonorités, tellement critiquées par Mattheson (1681 - 1764), qui les trouvait " affreuses", ont séduit des compositeurs comme Monteverdi, puisqu'il lui a donné un rôle dans l'orchestre de son premier opéra, Orphée.

La disparition de la régale dès le XVIIIe siècle (comme de nombreux autres instruments tombés en désuétude, on n'en retrouve le nom que dans certains jeux d'orgues) correspond au bouleversement de l'esthétique musicale du Romantisme. On l'a déjà vu, mus par un souffle régulier, les sons de l'orgue sont statiques. On a bien essayé de les rendre "dynamiques" par des astuces techniques (tremblant, jeux ondulants, boite expressive, récit, etc.), mais les organiers se heurtaient toujours à l'assujettissement à une pression d'air constante, qu'il s'agit de tuyaux à bouche ou de tuyaux à anche. Le moindre changement de pression sur la lamelle de l'anche battante modifiait la hauteur du son.

 

L'anche libre: un espoir de solution

 

Ces mêmes facteurs d'orgues cherchèrent donc à développer l'usage de l'anche libre, qui ne présente pas ces inconvénients. Elle accepte un courant d'air aussi doux soit-il, et sonne de plus en plus fortement au fur et à mesure que la pression d'air augmente, sans varier sa hauteur. Ce pouvoir expressif, qui répond au besoin des musiques nouvelles, n'est guère facile à incorporer dans un orgue. Comment y envoyer une pression d'air variable? C'est ainsi que, dès le début du XIXe siècle, des facteurs d'orgues eux-mêmes entreprennent de nombreux essais qu'attestent leurs brevets d'invention, qui se traduisent par une liste impressionnante d'instruments, dont la carrière fut éphémère, à l'exception de l'accordéon.

Parallèlement à cette évolution touchant les instruments dits aérophones, on voit se substituer au clavecin, dont le principe de la corde pincée limitait lui aussi considérablement les possibilités dites expressives, un instrument nouveau, dérivé du clavicorde, le pianoforte.

Il faut relever qu'à côté des facteurs d'orgues se transformant peu à peu en facteurs de pianos, à côté aussi de fabricants d'instruments à vent, qui désor-

mais s'acharnent pour trouver la meilleure utilisation de l'anche libre, il faut ajouter les inventeurs de machines parlantes, horlogers, etc., saisis par une émulation extraordinaire.

On peut relever que la période qui va de 1780 à 1800 marque les premières recherches et les premiers résultats concrets dans l'utilisation du système de l'anche libre métallique.

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