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Le Périgord
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Le Périgord est un haut lieu de la Préhistoire
: Lascaux, Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil, la vallée de la Vézère
appartiennent aujourd'hui au patrimoine de l'humanité.
Géographie
physique
Le
Périgord renferme quatre grandes régions naturelles : au
centre, le Périgord blanc (Périgueux,
Ribérac ); au sud-est, le Périgord
noir (Sarladais ); le Périgord
vert (Nontronnais ) au pied des monts du Limousin ; au sud-ouest,
le Périgord pourpre (Bergeracois
). Le Périgord blanc est formé
de plateaux calcaires, découpés par les rivières
(Isle, Auvézère, Loue, Dronne ), où les vallées
s'élargissent. La vallée moyenne de l'Isle sert d'épine
dorsale à une région un peu différente au sud de
Périgueux, où les pins maritimes font leur apparition. Le
Périgord noir, région du Sarladais, est un pays de puechs,
ces collines rondes coiffées de taillis de châtaigniers et
de forêts de pins ; de basses vallées (Dordogne, Vézère
) plantées de noyers, de champs de tabac, de vergers. Le Périgord
vert, le Nontronnais, est recouvert d'arbres, de landes de bruyère
; le châtaignier y règne en maître. C'est un pays de
bassins et de vallées, dont la prairie grasse envahit les pentes
douces. Le Périgord pourpre, dont la vallée s'élargit
à l'aval de Bergerac, est une région de vergers et de vignobles.
Les terrains du Périgord
ont commencé à se former dès l'ère primaire,
lorsque le Massif central a émergé de l'écorce terrestre.
On retrouve ces roches cristallines dans le nord-est, à la lisière
du Limousin. Mais la formation du Périgord s'est produite surtout
à l'ère secondaire, quand la mer a envahi l'Aquitaine,
refoulant des dépôts calcaires au pied du Massif central.
Du calcaire jurassique est né le causse périgourdin. Plus
tard, le calcaire jurassique forme le sol du Périgord blanc et
la majeure partie du Périgord noir.
Mais c'est à l'ère quaternaire que les principales rivières
(Dordogne, Vézère, Isle, Dronne ) font leur apparition et
vont creuser les vallées.

Economie
De
riches cultures (blé, maïs, arbres fruitiers, vigne, tabac
) ainsi que l'élevage bovin sont pratiqués dans les vallées.
La Dordogne est devenue le principal producteur de fraises français
: culture sous serre, alternative aux sols acides difficilement reconvertibles.
Le vignoble bergeracois (Bergerac, Monbazillac, Sauvignon, entre autres
), couvrant près de 13 000 ha, a fait la réputation de la
région. Le noyer et le chêne truffier sont largement exploités.
La récolte de la truffe est de l'ordre de 4 tonnes par an, pour
une production nationale de 15 tonnes.
Premier producteur de foie gras transformé, le Périgord
est devenu aussi le premier importateur. En effet, faisant fi des besoins
industriels, il perpétue la tradition du gavage à l'ancienne.
C'est pourquoi une grande partie de la matière première
vient d'Israël ou de l'Europe de l'Est pour répondre aux besoins.

Curiosités
La
Dordogne est sans doute le département le plus riche de France
en monuments historiques après Paris, on n'y compte pas moins de
mille châteaux (Puyguilhem, Bourdeilles, Monbazillac, entre autres
). Dans les vallées du Périgord noir, les nombreux sites
préhistoriques attestent de la présence de l'homme de Cro-Magnon
: Lascaux, Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil, entre autres. Le fac-similé
de Lascaux II draine un tourisme en pleine expansion, environ 400 000
entrées. La grotte bis a bouleversé le visage du tourisme
local en devenant le troisième site le plus visité de France
après le Mont-Saint-Michel et Rocamadour.

Histoire
Région
très anciennement peuplée, comme en témoignent les
nombreux sites préhistoriques, le Périgord était
à l'époque romaine le territoire des Celtes Petrocorii.
Érigé en comté au VIIIe siècle, il tomba sous
la dépendance du duché d'Aquitaine et passa avec lui sous
la dépendance de l'Angleterre, à la suite du mariage d'Aliénor
d'Aquitaine avec le roi Henri II Plantagenêt (1152 ). En 1398, le
roi de France déposséda le comte de Périgord de son
fief, qui échut successivement à la maison d'Orléans,
à celle de Penthièvre et à celle d'Albret, avant
d'être incorporé au domaine royal par Henri IV (1607 ). En
1790, le Périgord fut détaché de la généralité
de Bordeaux pour former la plus grande partie du département de
la Dordogne.


La
terre
Le
Périgord noir tire son nom du caractère sombre de ses forêts
de chênes, châtaigniers et pins maritimes, et de ses bois
de chênes verts aux feuilles persistantes qui s'accrochent aux coteaux
exposés au midi. Pour certains, le pays se situe entre Vézère
et Dordogne, mais on admet plus généralement qu'il recouvre
toute la partie sud-est de la Dordogne, celle qu'on appelle le Sarladais.
Les
plateaux calcaires y ont été profondément entaillés
par la Dordogne et la Vézère, qui coulent au milieu de plaines
alluviales dominées de falaises blanches, grises et, plus souvent
encore, ocre, au profil irrégulier, toutes cariées de grottes
ou d'abris sous roche. Les belvédères les plus connus sont
ceux de Domme, de Beynac, de Trémolat au-dessus de la Dordogne,
de la Rocque-Saint-Christophe ou de la Côte-de-Jor au-dessus de
la Vézère.
À
l'arrière des grandes vallées, les dénivellations
sont moins fortes, mais les contrastes de relief tout aussi marqués.
Entailles étroites des vallées secondaires, multitude de
vallées sèches, couloirs sinueux de prairies et de cultures
au milieu des coteaux boisés contribuent à l'infinie variété
des sites et des expositions.
À
ces attraits du Périgord noir s'ajoute l'intérêt scientifique
de grottes riches de constructions de calcite (Proumeyssac,
le Grand Roc, Rouffignac
). Ce Périgord bénéficie d'un bon ensoleillement
et d'une végétation où se mêlent plantes atlantiques
et méditerranéennes, notamment les chênes verts.

Les
hommes
Les
campagnes du Périgord noir sont peu peuplées et appartiennent
à la France rurale profonde. Sur les plateaux, les densités
sont souvent inférieures à 10 habitants /km 2. Les bois
couvrent en général plus de la moitié de la superficie
communale. Dans les clairières (vallons secs, dépressions
argileuses, versants de coteaux, petites vallées ), on cultive
du maïs, du tabac, des prairies artificielles. Les petites exploitations
dont la taille est de l'ordre de 10 hectares vivent de la vente de lait,
du tabac ainsi que des produits de basse-cour, canards et oies grasses
surtout. Des élevages industriels, de porcs et de poulets de chair
principalement, sont apparus. À l'ouest de Sarlat,
sur les terrains siliceux qui recouvrent par place le calcaire, prospère
la culture de la fraise ; à l'est, sur les causses qui annoncent
le Quercy, on élève les moutons. Partout, on recherche la
truffe avec passion, mais la production a bien décliné.
À
côté de ces îlots de culture, les vallées offrent
des terroirs plus riches. Ceux de la Vézère sont cantonnés
dans de petits bassins (Montignac, Sergeac, Saint-Léon ); ceux
de la Dordogne, plus somptueux, s'étirent au gré des méandres.
Sur toutes ces terres alluviales, irriguées l'été,
alternent maïs, prairies, noyers, champs de tabac.
Peu
d'industries en Périgord noir, en dehors de petits établissements
à Sarlat,
au Bugue,
à Montignac, à Terrasson et de la grosse papeterie de Condat-le-Lardin,
au nord, sur la Vézère.
Partout,
sur le plateau comme dans les vallées, de belles maisons paysannes
aux murs de pierre ocre ou blanche, aux toits de tuiles plates, de lauzes
et d'ardoises au nord ; de temps en temps, au milieu des champs, on peut
voir d'harmonieuses cabanes rondes en pierres sèches dont l'origine
se perd dans la nuit des temps.
Le
tourisme s'est beaucoup développé en Périgord noir
car, outre les beautés du cadre naturel, celui -ci offre de nombreux
témoignages d'une longue occupation humaine et les charmes d'un
monde rural traditionnel tout marqué d'Occitanie.

Histoire
La
préhistoire est ici féconde en témoignages. Le Périgord
noir offre en effet une multitude de grottes et d'abris sous roche que
les peuples chasseurs du paléolithique ont occupés pendant
plus de 400 000 ans. La vallée de la Vézère, qu'on
a comparée à une sorte de «vallée des Rois
», en est l'axe fondamental, l'étape majeure étant
le village des Eyzies. Les grottes, ornées de dessins ou de gravures,
sont très recherchées, telles Font-de-Gaume, les Combarelles,
Cap-Blanc, l'«Abri du poisson » dans la gorge d'Enfer, Bara-Bahau,
tout autour des Eyzies et du Bugue ou bien encore l'immense caverne aux
frises de mammouths de Rouffignac en pleine forêt Barade. Pour la
sauver des colonies d'algues et des micro-organismes qui la rongeaient,
la grotte de Lascaux a été fermée en 1962. Toutefois,
Lascaux II est une copie d'une exceptionnelle qualité.
Dans
le moindre village se trouve une église romane, léguée
par le Moyen Âge ; l'une des plus connues est celle, massive, de
l'ancienne abbaye de Saint-Amand-de-Coly. De l'architecture civile subsistent,
en dépit des destructions, des donjons (Castelnaud, Beynac, Commarque,
etc.), une multitude de manoirs et de gentilhommières et, dans
quelques centres urbains, de beaux immeubles et hôtels (dans le
vieux Sarlat
ou encore dans les bastides créées au XIIIe siècle
comme à Domme ou à Monpazier ).
À
partir de 1470 et pendant tout le XVIe siècle, la Renaissance dota
le Périgord de constructions plus accueillantes, plus exposées
à la lumière. Dans les campagnes périgourdines, les
châteaux ont des logis Renaissance aux fenêtres à meneaux,
aux lucarnes sculptées, aux tourelles en surplomb. Les villes s'ornèrent
aussi de belles demeures et, à Sarlat,
les hôtels Renaissance, bien conservés et restaurés,
donnent aux vieux quartiers l'allure des centres urbains du XVIe siècle.

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2001 Hachette Multimédia / Hachette Livre | Photographies © Francis
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