SPELEOLOGIE
Sans revenir sur les détails de l’historique de la découverte de Proumeyssac, on doit noter, après la première descente dans le gouffre par M. GALLOU, en 1907, la visite, le 26 juillet de la même année, de M. E.A. MARTEL, fondateur incontesté de la spéléologie.
Pour résumer l’intérêt de cette cavité, voici ce qu’il en dit :
“On arrive jusqu’au bord en
voiture et un treuil permet la descente. On
atterrit à 33 mètres seulement
au sommet (alt.124m) d’un cône de
pierres et de débris. Au fond, la forme
est ovale, environ 600 m sur 40 m ; au pourtour
de la base se sont accumulés d’importants
dépôts de calcites et de belles
concrétions. Dans une chambrette latérale,
la cristallisation, sous une mince tranche d’eau,
a revêtu de curieuses formes triangulaires,
et des paillettes de calcite nagent à
la surface. On y voit aussi des concrétions
excentriques ? C’est-à-dire déviées
de leur axe vertical normal. Bref la visite
est assez intéressante pour s’ajouter
à celle des Eyzies.“
En
fait, l’observation de cet illustre précurseur
de l’étude du monde souterrain,
est fidèle à la réalité.
On peut seulement ajouter qu’à
l’issue des divers aménagements
de la cavité, -notamment les dégagements
successifs de la partie inférieure de
l’éboulis-, la profondeur actuelle
du gouffre est de 42 mètres. La partie
sommitale, relativement étroite, se franchit
après 10 mètres de verticale.
Tandis que la partie en coupole mesure 32 mètres.
Les formations stalagmitiques majeures ayant
pour origine les axes des diaclases,
se situent à 20 mètres de la base
du puits. Notons enfin qu’une coloration
des eaux s’infiltrants dans la zone des
“gours“,
édifiés vers l’aval entre
l’éboulis et la paroi, a précisé
une liaison avec la résurgence de Perdigat,
en bordure de la vézère, et à
1 500 mètres à vol d’oiseau
de l’orifice. Une topographie précise
du Gouffre de Proumeyssac a été
réalisée en 1975 par le Spéléo-Club
de Périgueux.
Pour
être complet, il convient d’ajouter
que les bonnes relations entretenues, depuis
toujours, entre la Société d’exploitation
de Proumeyssac et les spéléologues
périgourdins, ont permis à ces
derniers de mettre, plusieurs fois, leur technique
au service de la conservation de ce patrimoine
souterrain remarquable, objectif qui reste une
des préoccupations majeures des exploitants.
Notamment, des témoins en verre ont été
disposés pour surveiller à tout
instant la fissuration de la zone supérieure
à partir de l’orifice. Par ailleurs,
des descentes et progressions “en artificiel“,
constituant des “premières“
dans le gouffre, ont été réalisées
afin d’atteindre les principaux massifs
concrétionnés et permettre de
les traiter contre la pollution biologique à
l’aide de produits biocides.